L’essentiel en 30 secondes

Le Problème : La sélection par la transgression

Les systèmes géopolitiques contemporains favorisent désormais les profils transgressifs. Dans ce cadre, violer les règles devient une stratégie rationnelle : le respect des normes ralentit l’action, tandis que la transgression l’accélère. Ce paradoxe structurel transforme chaque victoire immédiate en un vecteur de déstabilisation future, où la condamnation morale pèse moins que le gain politique à court terme.

Le Concept Clé : La boucle d’autodestruction hégémonique

Inspiré de l’école de Palo Alto, ce pattern systémique est constant depuis 3000 ans : Alliance → Élimination de l’ennemi → Rivalité interne → Autodestruction. La solution recherchée (la domination totale) devient systématiquement le problème, car elle détruit les mécanismes de régulation nécessaires à la survie de l’ensemble.

Zone de Conflit Logique de Domination Conséquence Systémique
Gaza Élimination physique Cycle de recrutement infini
Ukraine / Russie Expansion territoriale Vassalisation économique (Chine)
Venezuela Contrôle des ressources Coût d’occupation > Valeur pétrole

L’Application : L’interdépendance comme régulateur

La sortie de ces systèmes irrationnels ne passe pas par la morale, mais par la structure. Le contre-exemple de l’Union Européenne post-1945 démontre qu’une paix durable repose sur quatre piliers systémiques :

  • Interdépendance symétrique : Les intérêts des acteurs sont liés.
  • Arbitrage institutionnel : Un tiers garantit les règles du jeu.
  • Coût de sortie prohibitif : Quitter le système est plus coûteux que d’y rester.
  • Absence d’hégémonie : Aucune partie ne peut dominer l’ensemble durablement.

Conclusion : Comprendre le jeu n’est pas excuser les comportements ; c’est le premier acte de résistance face à des systèmes qui produisent rationnellement de la destruction.

Le rêve comme modélisation spontanée

Il arrive parfois que le rêve fasse ce que la veille refuse : montrer la structure nue.

Trois clans.

Des alliances anciennes, fondées sur des pactes de respect mutuel puis l’affairisme, les intérêts, le profit.

Un renversement inattendu : le second élimine le premier avec l’aide du troisième. Des scènes d’une violence inouïe, du sang, et la trahison. Une efficacité brutale.

Puis le troisième trahit le second. Même violence, même calcul. Chacun pense pouvoir dominer seul.

Lors d’une fête funèbre où tous se croient en sécurité et célèbrent leurs morts, et que tous pensent le conflit terminé, les survivants du premier clan reviennent.

Les mêmes qu’on croyait neutralisés et qu’on avait oubliés.

Ils exterminent ce qui reste des deux autres clans, épuisés par leur propre guerre.

À la fin, il ne reste que les plus pervers, les plus froids, et les plus machiavéliques.

⚠️ Révélation au réveil

Ce rêve n’était pas une allégorie morale.

C’était une simulation systémique.

Car dans les systèmes humains soumis à la compétition, à la peur, à la visibilité et à la rareté symbolique, les alliances ne sont jamais stables, et les normes ne tiennent que tant qu’elles ne coûtent rien.

Au réveil, une connexion brutale : Trump, Poutine, Netanyahou.

Trois hommes, trois systèmes, une même structure.

Ils ne sont pas fous mais parfaitement adaptés à un monde qui les sélectionne.

Lecture rapide | Sommaire

La boucle systémique identifiée : Alliance → trahison → auto-destruction

Voici la structure en 5 phases, observable depuis 3000 ans :

Phase 1 : Alliance sur intérêt commun

Deux acteurs s’allient pour éliminer un tiers qui les menace tous les deux.

Logique : « L’ennemi de mon ennemi est mon ami« .

Phase 2 : Élimination du tiers

Le tiers est neutralisé (guerre, occupation, destruction).

Phase 3 : Disparition de l’ennemi commun

L’alliance n’a plus de raison d’être. Les ex-alliés deviennent rivaux.

Logique : « Pourquoi partager le butin ?« 

Phase 4 : Escalade et auto-destruction

Les ex-alliés s’affrontent. Violence extrême. Ressources gaspillées.

Phase 5 : Le faible invisible survit

Le tiers éliminé revient (résistance, guérilla, résilience). Les ex-alliés sont trop épuisés pour riposter.

C’est une boucle de rétroaction positive :

Chaque victoire contient les germes de la défaite suivante. C’est une boucle de rétroaction positive.

💡 Visualiser la boucle

ALLIANCE (pour éliminer X)

ÉLIMINATION de X

FIN DE L’ENNEMI COMMUN

RIVALITÉ entre ex-alliés

AUTO-DESTRUCTION

X REVIENT (les « faibles » survivent)

C’est exactement ce que décrit l’école de Palo Alto : la solution devient le problème.

Le pattern historique : 3000 ans de répétition

Cette structure n’est pas nouvelle. Elle revient depuis l’Antiquité.

Exemples historiques

1. Accords de Munich (1938)

  • France + UK abandonnent la Tchécoslovaquie à Hitler pour avoir la paix
  • Hitler obtient les Sudètes sans combattre
  • Résultat : Hitler attaque la France en 1940
  • Bilan : 70 millions de morts (1939-1945)

2. Pacte germano-soviétique (1939)

  • Hitler + Staline se partagent la Pologne (accord secret)
  • La Pologne est envahie en septembre 1939
  • Résultat : Hitler attaque l’URSS en juin 1941 (Opération Barbarossa)
  • Bilan : 27 millions de morts soviétiques

3. Syrie (2011-présent)

  • Assad + Russie + Iran éliminent l’opposition syrienne
  • Opposition écrasée (500 000 morts)
  • Résultat : aujourd’hui, la Russie, l’Iran et la Turquie se disputent les zones d’influence
  • La Syrie est un État fantôme

Pattern constant : Alliance tactique → Élimination du tiers → Guerre entre alliés.

Quand la règle devient un handicap

Le discours dominant continue de parler de droit international, de valeurs, de principes.

Mais le réel fonctionne autrement.

Dans les systèmes contemporains de pouvoir :

  • Respecter les règles ralentit
  • Violer les règles accélère
  • Condamner coûte
  • Se taire protège
  • S’aligner rapporte

La transgression est devenue une stratégie rationnelle.

Ce n’est pas la disparition des normes qui est dangereuse, mais leur application asymétrique. Certains les violent sans conséquence, d’autres les invoquent sans effet.

C’est là que naît la dérive.

Trump, Poutine, Netanyahou : Des profils sélectionnés, pas des anomalies

Ces trois hommes ne sont pas des accidents.

Ils sont le produit d’une sélection darwinienne opérée par des systèmes qui récompensent certains traits.

Trump : la reconnaissance comme moteur primaire

Donald Trump n’est pas mû par une vision politique structurée, mais par une économie de la reconnaissance.

Dans un système américain fondé sur :

  • la médiatisation permanente,
  • la polarisation,
  • la confusion entre puissance et spectacle,
  • la compétition narcissique,

Trump est parfaitement adapté.

  • Chaque attaque renforce sa centralité.
  • Chaque scandale valide son récit.
  • Chaque transgression devient une preuve de force.

Il ne cherche pas l’ordre. Il cherche l’attention, et le système la lui donne.

Cas concret : Venezuela

Réserves pétrolières : 303 milliards de barils (17% des réserves mondiales)

Valeur estimée (à 57$/baril) : 17 300 milliards USD

Production actuelle : 1,1 million barils/jour (vs 3,5 millions en 2000)

Infrastructure : Dégradée (sous-investissement depuis 20 ans)

Coût de reconstruction : 100+ milliards USD

La logique :

  • Prétexte officiel : Lutter contre le narco-trafic
  • Action : Opération militaire, capture de Maduro (janvier 2026)
  • Objectif réel : Contrôle des réserves pétrolières via entreprises US

Menacer le Groenland, fantasmer des annexions, provoquer des crises diplomatiques grotesques. Tout cela n’est pas de la folie, c’est de la capture d’attention géopolitique.

Source : OPEC 2025, CBS News janvier 2026

Poutine : la sécurité devenue auto-justification

La Russie fonctionne depuis des décennies sur une boucle simple :

Menace perçue → sécurisation → militarisation → réaction internationale → confirmation de la menace → sur-militarisation

L’invasion de la Crimée n’a pas déclenché de réponse ferme.

Elle a servi de test.

L’absence de réaction européenne claire n’a pas apaisé le système russe. Elle l’a encouragé.

L’Ukraine : grenier à blé de l’Europe

Production de blé (2024-25) : 21 millions de tonnes

Exportations annuelles : 16 millions de tonnes (76% de la production)

Part mondiale : 10% des exportations mondiales de blé

Terres arables : 32 millions d’hectares (1/3 du territoire ukrainien)

Valeur des exportations agricoles (2023) : 23 milliards USD

Bilan humain (janvier 2026) : 500 000+ morts (soldats et civils, estimations occidentales)

La logique :

  • Contexte : Russie humiliée après la chute de l’URSS (1991)
  • Objectif : Restaurer l’empire russe, contrôler le grenier à blé
  • Résultat prévisible : Si la Russie gagne, elle contrôle l’Ukraine mais son économie est ravagée. Ses alliés (Chine, Iran) deviennent ses créanciers. La Chine dicte les termes. Donc, la Russie devient un vassal chinois.

La guerre en Ukraine n’est pas une rupture. C’est l’aboutissement logique d’une série de non-réponses.

Source : USDA Foreign Agricultural Service 2024

Netanyahou : la guerre comme stabilisateur politique

Netanyahou illustre une autre boucle redoutable :

Crise sécuritaire → unité nationale forcée → neutralisation de l’opposition → suspension des comptes judiciaires → radicalisation → nouvelle crise

La guerre devient un outil de survie politique personnelle.

Gaza : les ressources en jeu

Réserves de gaz naturel (Gaza Marine) : 1,1 trillion de pieds cubes (31 milliards m³)

Valeur estimée : 4,5 milliards USD

Statut : Découvert en 2000, jamais exploité (bloqué par Israël depuis 2006)

Localisation : 36 km au large de Gaza, dans les eaux territoriales palestiniennes (Accords d’Oslo)

La logique :

  • Contexte : Netanyahou accusé de corruption depuis 2019
  • Déclencheur : Attaque du 7 octobre 2023 (1200 morts israéliens)
  • Réponse : Bombardements massifs sur Gaza
  • Bilan (janvier 2026) : 45 000+ morts palestiniens
  • Fonction : Tant qu’il y a guerre, Netanyahou ne peut pas être jugé (immunité de fait)

Nuance :

Israël possède déjà des champs bien plus grands (Tamar : 300 Mds m³, Leviathan : 600 Mds m³). Gaza Marine représente 3% de ce qu’Israël possède. Mais empêcher les Palestiniens de l’exploiter = empêcher leur indépendance économique, ce qui est cohérent avec la logique d’occupation.

Source : UNCTAD 2019, Britannica 2025

Le fait qu’un dirigeant faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international puisse traverser l’espace aérien européen sans entrave pour se rendre aux États-Unis n’est pas une anomalie diplomatique.

C’est un signal systémique. Certaines normes ne s’appliquent plus à certains alliés.

L’Europe : Pas impuissante mais inféodée

C’est ici que le tableau devient réellement inquiétant.

L’Europe aime se penser comme un pôle moral.

En réalité, elle se comporte comme un sous-système dépendant.

Venezuela : Le silence comme allégeance

Lorsque Trump évoque une intervention au Venezuela sous couvert de lutte contre le narcotrafic – alors que les intérêts pétroliers sont évidents – la réaction européenne est inexistante.

  • Ni condamnation claire.
  • Ni rappel du droit international.
  • Ni ligne autonome.

Peu importe que Maduro soit indéfendable. Le principe violé aujourd’hui contre un ennemi servira demain contre un allié.

Ukraine, Gaza, Groenland : La même mécanique

  • Crimée : silence → escalade
  • Gaza : retenue verbale → poursuite
  • Groenland : menaces absurdes → indulgence gênée

À chaque fois, l’Europe choisit la prudence diplomatique.

À chaque fois, le système apprend que la transgression paie.

Ce n’est pas de la faiblesse morale.

C’est une stratégie de survie à court terme dans un système dominé par une puissance imprévisible.

Mais les systèmes punissent toujours le court-termisme.

La vraie folie : Confondre stabilité et soumission

L’Europe ne cherche pas la paix. Elle cherche l’absence de conflit immédiat. C’est différent.

En refusant de nommer clairement les violations, elle :

  • perd toute capacité dissuasive,
  • renforce les acteurs les plus brutaux,
  • délégitime ses propres discours,
  • prépare des conflits futurs plus violents.

Comme dans le rêve, ceux que l’on croit raisonnables deviennent les facilitateurs involontaires des pires dérives.

Narcissisme et pouvoir : Une affinité structurelle

Trump, Poutine, Netanyahou, Maduro, et bien d’autres ne sont pas seulement des hommes de pouvoir.

Ils sont des hommes en quête de réparation narcissique.

Mais ce n’est pas leur psychologie qui est décisive.

C’est le fait que nos systèmes transforment cette fragilité en avantage compétitif.

  • Celui qui doute est lent.
  • Celui qui transgresse avance.
  • Celui qui hésite perd.
  • Celui qui écrase impose le tempo.

Le système sélectionne les profils capables de supporter – et d’exploiter – la violence symbolique et réelle.

Les trois profils narcissiques

Netanyahou : survivre politiquement

  • Accusations de corruption : fraude, abus de confiance (depuis 2019)
  • Risque : prison
  • Solution : créer une guerre perpétuelle → immunité de facto
  • Logique : « Tant qu’il y a guerre, on ne juge pas le chef »

Poutine : restaurer la grandeur perdue

  • Humiliation : chute de l’URSS (1991), « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » (Poutine, 2005)
  • Objectif : restaurer l’empire russe
  • Logique : « La Russie doit redevenir une grande puissance »
  • Coût : 500 000+ morts, économie ravagée

Trump : « Make America Great Again« 

  • Sentiment : les USA ont perdu leur leadership mondial
  • Objectif : restaurer la domination américaine
  • Moyens : contrôler les ressources (pétrole vénézuélien, Groenland, canal de Panama)
  • Logique : « L’Amérique d’abord »

Pourquoi la solution (domination) amplifie le problème

Analysons pourquoi chaque victoire contient les germes de la défaite.

Gaza : Plus Israël bombarde, plus le Hamas se renforce

  • 45 000+ morts → Radicalisation de la population palestinienne
  • Chaque civil tué → 10 nouveaux combattants potentiels
  • Destruction des infrastructures → Dépendance humanitaire → Chaos → Terreau du terrorisme

Logique systémique : la violence produit plus de violence.

Ukraine : Plus Poutine avance, plus il s’affaiblit

  • 500 000+ soldats russes morts ou blessés
  • Économie russe sous sanctions (PIB -2% en 2024)
  • Dépendance accrue vis-à-vis de la Chine
  • Si Poutine gagne, il contrôle un pays détruit qu’il devra reconstruire (coût : 500+ Mds USD)

Logique systémique : la victoire militaire est une défaite économique.

Venezuela : Plus Trump contrôle, plus il dépend

  • Reconstruire l’infrastructure : 100+ Mds USD
  • Qui paie ? Les compagnies US
  • Qui surveille ? L’armée US (déploiement permanent ?)
  • Résistance vénézuélienne prévisible (guérilla, sabotage)
  • Coût d’occupation : X milliards/an pendant 10-20 ans

Logique systémique : le contrôle des ressources coûte plus cher que leur valeur.

Le contre-exemple : Quand une alliance ne trahit pas

Y a-t-il des alliances qui tiennent ? Oui, mais sous conditions strictes.

Union Européenne (post-1945)

Pourquoi ça tient (malgré les crises) :

  • Interdépendance économique : Allemagne, France, Italie sont co-dépendants
  • Institutions supranationales : Commission européenne, Cour de justice
  • Pas d’ennemi commun unique : L’UE n’est pas construite contre un pays
  • Coût de la rupture > coût du maintien : le Brexit en est la preuve (désastre économique)

Conditions de stabilité d’une alliance :

  1. Interdépendance symétrique : chacun a besoin de l’autre de manière égale
  2. Institutions arbitres : un tiers neutre régule les conflits
  3. Coût de sortie élevé : quitter l’alliance coûte plus cher que d’y rester
  4. Absence de tentation hégémonique : aucun membre ne peut dominer seul

Ces conditions sont absentes dans les cas Trump/Poutine/Netanyahou.

Conclusion : Ce monde ne dérive pas, il s’optimise

La folie du monde n’est pas un accident. Elle est le résultat d’une optimisation silencieuse.

  • Les règles sont toujours là, mais elles ne contraignent plus les puissants.
  • Les valeurs sont toujours proclamées, mais elles ne guident plus l’action.
  • Les alliances existent encore, mais elles ne reposent plus sur le respect. Elles reposent sur la peur.

Comme dans le rêve, ceux qui survivent ne sont pas les plus justes, mais les plus adaptatifs à un système devenu prédateur.

⚠️ Le problème de notre époque

Le problème de notre époque n’est pas que des dirigeants violent les règles.

C’est que nos systèmes rendent cette violation efficace, rentable et reproductible.

Trump, Poutine et Netanyahou ne sont pas des fous. Ce sont des acteurs rationnels piégés dans une structure irrationnelle.

Chacun croit pouvoir gagner. Chacun pense que sa domination sera l’exception. Mais la structure systémique est plus forte que les individus.

La vraie folie, c’est de croire qu’on peut gagner dans un jeu où tous les vainqueurs finissent perdants.

Et pendant que les puissants s’entretuent pour des ressources, les peuples en paient le prix.

  • 45 000+ morts à Gaza
  • 500 000+ morts en Ukraine
  • Des millions de déplacés
  • Des économies détruites

Pour quoi ?

  • Pour du gaz, du pétrole, du blé.
  • Pour la restauration d’un ego national blessé.
  • Pour la survie politique d’un homme.

La suite sera édifiante, oui. Non pas parce que le monde va mal, mais parce qu’il fonctionne exactement comme il a été structuré pour fonctionner.

A propos de Noos Systemic

Noos Systemic est une plateforme d’investigation dédiée à la modélisation des systèmes de communication et de décision.

Depuis plus de 30 ans, nos travaux portent sur l’analyse des logiques interactives qui façonnent et maintiennent les dynamiques récurrentes au sein des systèmes humains.

Nous ne proposons aucun accompagnement individuel. Cette plateforme constitue une bibliothèque d’investigation dédiée à la compréhension et à la modélisation de ces mécanismes.

Notre approche s’appuie sur le modèle systémique de Palo Alto, une méthodologie d’analyse issue du Mental Research Institute (Californie), conçue pour cartographier les dynamiques relationnelles, décisionnelles et communicationnelles des systèmes humains.

Formation et autorité de recherche

  • Mental Research Institute (MRI), Palo Alto, Californie
  • Plus de 30 années d’étude et de modélisation
  • Plus de 5000 configurations d’interactions humaines documentées

Accéder à l’outil

FAQ – Systémique géopolitique et sélection darwinienne

1. Trump/Poutine/Netanyahou sont vraiment fous, non ?

Non.

Appeler quelqu’un « fou » est une manière de ne pas comprendre sa logique.

Ces trois hommes sont rationnels dans leur système de croyances :

  • Netanyahou : survivre politiquement en créant une guerre perpétuelle
  • Poutine : restaurer l’empire russe pour effacer l’humiliation de 1991
  • Trump : restaurer la domination américaine par le contrôle des ressources

Le problème n’est pas leur rationalité individuelle. C’est la structure systémique dans laquelle ils évoluent.

Un système irrationnel produit des comportements rationnellement destructeurs.

2. Pourquoi les institutions internationales (ONU, CPI) ne stoppent pas ça ?

Parce qu’elles n’ont aucun pouvoir coercitif.

L’ONU peut voter des résolutions. Qui les applique ? Personne.

La Cour Pénale Internationale peut émettre des mandats d’arrêt (Poutine, Netanyahou). Qui les arrête ? Personne.

Les institutions internationales n’existent que si les États puissants les respectent.

Or, les États puissants ne respectent les règles que quand ça les arrange.

3. Le système peut-il changer ?

Oui, mais pas de l’intérieur.

Les systèmes ne se réforment pas. Ils s’effondrent quand leurs contradictions deviennent insoutenables.

Exemples :

  • Système féodal → effondrement (Révolution française, 1789)
  • Système colonial → effondrement (décolonisation, 1945-1970)
  • URSS → effondrement (1991)

Le système actuel (domination unipolaire américaine + transgression asymétrique des normes) est en train de s’effondrer.

La question n’est pas « si » mais « comment » et « à quel coût ».

4. Que peuvent faire les citoyens face à ça ?

Comprendre la structure.

Tant qu’on analyse la géopolitique en termes moraux (« les gentils vs les méchants »), on reste piégé dans la logique du système.

Comprendre la structure permet :

  • d’anticiper les comportements (prédire les escalades)
  • d’identifier les points de rupture (où la boucle peut être brisée)
  • de refuser de soutenir les logiques de domination

Le premier acte de résistance, c’est de comprendre le jeu.

5. Cette analyse ne revient-elle pas à excuser Trump/Poutine/Netanyahou ?

Non. Expliquer n’est pas excuser. Dire « ils sont rationnels dans une structure irrationnelle » ne signifie pas « ils ont raison ». Cela signifie que leur comportement est prévisible et systémique.

Les tenir pour responsables juridiquement et moralement reste essentiel. Mais comprendre la structure permet d’agir sur les causes, pas seulement sur les symptômes.

6. Le narcissisme est-il une condition nécessaire pour accéder au pouvoir ?

Non, mais c’est un avantage compétitif dans certains systèmes.

Dans les systèmes fondés sur :

  • la médiatisation permanente,
  • la polarisation,
  • la compétition pour la reconnaissance,
  • la violence symbolique,

Les profils narcissiques ont un avantage adaptatif. Ils ne doutent pas, ne s’excusent pas, n’hésitent pas. Dans un monde où l’hésitation est perçue comme de la faiblesse, cela devient un atout.

Le système sélectionne les profils qui lui ressemblent.

Références

Données factuelles

Approche systémique (Palo Alto)

  • Watzlawick, P., Weakland, J., & Fisch, R. (1974). Change: Principles of Problem Formation and Problem Resolution. New York: W.W. Norton.
  • Bateson, G. (1972). Steps to an Ecology of Mind. University of Chicago Press.
  • Watzlawick, P., Beavin, J.H., & Jackson, D.D. (1967). Pragmatics of Human Communication. New York: W.W. Norton.

Géopolitique et théorie des jeux

  • Mearsheimer, J. (2001). The Tragedy of Great Power Politics. New York: W.W. Norton.
  • Waltz, K. (1979). Theory of International Politics. Reading, MA: Addison-Wesley.
  • Axelrod, R. (1984). The Evolution of Cooperation. New York: Basic Books.

Narcissisme politique

  • Glad, B. (2002). « Why Tyrants Go Too Far: Malignant Narcissism and Absolute Power ». Political Psychology, 23(1), 1-37.
  • Post, J. (1993). « Current concepts of the narcissistic personality: Implications for political psychology ». Political Psychology, 14(1), 99-121.

Cet article vous interpelle ?

C’est normal. Il nomme ce que personne ne veut voir : la structure qui nous piège tous.

Vous êtes analyste, chercheur, ou simplement citoyen concerné ?

Partagez cet article. La compréhension est le premier acte de résistance.

Découvrez d’autres analyses systémiques sur Noos Systemic où nous décortiquons les boucles invisibles qui structurent (et détruisent) nos sociétés.