L’essentiel en 30 secondes
Le Problème : L’illusion du contenu pur
Une phrase simple comme « Tu peux fermer la fenêtre ? » n’est jamais une simple demande d’information. Selon le ton et le contexte, elle devient un ordre, un reproche ou un test d’autorité. Le deuxième axiome de Palo Alto (Watzlawick, 1967) stipule que toute communication possède deux niveaux : le contenu (ce qui est dit) et la relation (comment on le dit). Dans 90% des conflits, ce n’est pas le fond qui dysfonctionne, mais la relation qui véhicule l’information.
Le Concept Clé : La relation commande, le contenu exécute
Le niveau relationnel définit la place de chacun (dominant/dominé, allié/adversaire) et indique comment le message doit être interprété. La recherche de Mehrabian (1971) montre que dans la communication des attitudes, 93% du message passe par le non-verbal et la tonalité (le relationnel), laissant seulement 7% au contenu verbal. Rogers & Farace (1975) classent ces interactions en trois types : One-up (supériorité), One-down (infériorité) et One-across (égalité).
| Dimension de l’échange | Niveau : Contenu (Indice) | Niveau : Relation (Ordre) |
|---|---|---|
| Rôle principal | Transmettre des données brutes | Définir le cadre et la légitimité |
| Poids du message | 7% (Verbal) | 93% (Ton + Posture) |
| Exemple conflictuel | « Le rapport est en retard. » | « Je n’ai pas confiance en toi« . |
L’Application : Agir sur le courant, pas sur le navire
Pour transformer une relation dysfonctionnelle, il faut cesser de débattre du contenu pour commencer à métacommuniquer sur la relation :
- Casser la boucle de contenu : Ne plus répondre à l’argumentation factuelle si le ton est agressif.
- Nommer la relation : Utiliser des phrases de recadrage comme « J’ai l’impression qu’on tourne en rond, non ? » ou « On s’éloigne du sujet pour s’affronter, qu’en penses-tu ? ».
- Modifier le courant relationnel : Le contenu est le bateau, la relation est le courant. Un bon courant fait naviguer même un navire médiocre ; un courant toxique fait chavirer l’excellence.
Note systémique : On ne règle jamais un conflit en travaillant uniquement sur le contenu. La résolution durable passe par la modification de la lecture que chacun fait de la relation.
Introduction : Ce que l’on dit et ce que l’on fait en disant
Imagine une simple phrase :
« Tu peux fermer la fenêtre ? »
Sur le papier, rien de plus banal : du contenu, une demande, une information.
Mais selon le ton, l’intention, la situation, le contexte, cette question peut devenir :
- un ordre,
- une plainte,
- un reproche,
- un test,
- une tentative de rapprochement,
- un rappel d’autorité,
- un signal d’agacement,
- ou un moyen subtil de reprendre le contrôle.
Ce n’est pas la phrase qui change, c’est le niveau relationnel.
C’est exactement ce que le deuxième axiome de Palo Alto affirme :
Toute communication comporte deux niveaux : le contenu et la relation.
C’est donc le niveau relationnel qui définit comment le contenu doit être compris.
Paul Watzlawick, Janet Beavin et Don Jackson l’ont formulé ainsi dans Pragmatics of Human Communication (1967) :
« Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et par suite est une métacommunication« .
En d’autres termes, la relation commande, le contenu exécute.
Et dans 90 % des situations difficiles de communication, ce n’est pas le contenu qui dysfonctionne, c’est la relation qu’il véhicule.
Cet article explore ce mécanisme fondamental en le modélisant à travers :
- une cartographie du niveau relationnel,
- une analyse systémique des interactions,
- des métaphores parlantes,
- et des exemples concrets issus de la vie quotidienne, du travail, de la politique et des organisations.
Contenu / relation : L’architecture invisible de la communication
Le MRI parle souvent d’infrastructure relationnelle, comme si chaque échange reposait sur une charpente invisible qui organise la répartition des places, des rôles, des attentes.
On peut comparer cela à un théâtre :
- le contenu est le texte de la pièce,
- la relation est la mise en scène qui donne au texte son sens.
Une même phrase prononcée sur un ton différent devient une œuvre différente.
C’est le pouvoir immense du niveau relationnel. Il interprète le contenu, parfois même contre le contenu.
Exemple simple :
« Je vais bien ».
Dit avec une voix tremblante, un regard fuyant, les bras croisés, ce message signifie exactement l’inverse.
- Le contenu dit : tout va bien.
- La relation dit : viens-y voir, ça ne va pas du tout.
Dans les faits, c’est toujours le niveau relationnel qui gagne.
Les 5 axiomes de la communication (Palo Alto)
Paul Watzlawick, Janet Beavin et Don Jackson ont formulé en 1967 cinq axiomes fondamentaux de la communication humaine :
- On ne peut pas ne pas communiquer : tout comportement est communication, même le silence ou l’absence.
- Toute communication a un aspect contenu et un aspect relation : le niveau relationnel englobe et définit le contenu (cet article se concentre sur cet axiome).
- La nature d’une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication : chacun(e) interprète les causes et les effets différemment.
- Les êtres humains communiquent de manière digitale et analogique : langage verbal (digital) et non-verbal (analogique) coexistent.
- Toute communication est symétrique ou complémentaire : relations basées sur l’égalité (symétrie) ou la différence (complémentarité).
Ces axiomes forment le socle de la théorie systémique de la communication et de l’approche thérapeutique du Mental Research Institute (MRI) de Palo Alto.
Les trois grandes fonctions du niveau relationnel
Le niveau relationnel n’est pas là pour faire joli. Il structure la possibilité même de communiquer.
Il a trois fonctions centrales.
Il définit la place de chacun
Communiquer, c’est toujours situer l’autre et se situer soi-même :
- dominant / dominé
- expert / novice
- proche / distant
- allié / adversaire
- familier / institutionnel
Ces positions ne sont pas explicites la plupart du temps. Elles s’expriment par des signaux faibles :
- hauteur de voix,
- rythme,
- choix des mots,
- posture,
- timing,
- humour ou absence d’humour.
Comme dans une danse : personne ne dit « je mène / tu suis », mais la dynamique s’installe.
Il indique comment le message doit être interprété
Le niveau relationnel est un mode d’emploi implicite.
Quand quelqu’un dit : « Je te laisse faire »,
cela peut vouloir dire :
- je te fais confiance (relation symétrique positive)
- je ne veux pas m’en occuper (relation de fuite)
- assume puisque tu voulais avoir raison (relation punitive)
- je t’évalue (relation hiérarchique)
Le contenu est identique. Le sens change totalement.
Il influence la réaction de l’autre
Le niveau relationnel induit une structure de réponses possibles. Il dirige sans en avoir l’air.
Exemple dans une organisation :
« Tu as pensé à envoyer le rapport ? »
Selon la relation, ce message déclenche :
- justification,
- peur,
- résistance passive,
- agacement,
- obéissance,
- coopération.
Le problème n’est jamais la question. Le problème est ce qu’elle implique relationnellement.
La métaphore du courant et du navire
Pour comprendre la dynamique contenu / relation, imaginez une rivière.
- Le contenu est le bateau : il transporte des informations, des demandes, et des idées.
- La relation est le courant : il porte ou renverse le bateau.
Un bon courant peut faire naviguer un bateau médiocre. Un mauvais courant peut faire chavirer un excellent navire.
Autrement dit :
on ne gère jamais un conflit en travaillant sur le contenu. On le gère en modifiant le courant.
C’est ce que les praticiens Palo Alto appellent le recadrage relationnel.
Les quatre grands types de messages relationnels
Le niveau relationnel a ses propres catégories. Voici les quatre plus importantes.
Les messages de cadrage : qui parle à qui ?
C’est la fonction primaire : définir qui occupe quelle place.
Exemples :
- « Je vais te montrer » (supériorité)
- « Tu veux bien m’aider ? » (demande de soutien)
- « Je te rappelle plus tard » (contrôle du timing)
Chaque message de cadrage contribue à construire un paysage relationnel.
Les messages méta : « comment devons-nous nous parler ?«
Ce sont des messages qui portent sur la communication elle-même.
Exemples :
- « On dirait que ça t’a blessé »
- « Je te sens tendu »
- « Là on n’est plus en train de discuter, on s’accuse »
Ce sont des messages-pivots : ils peuvent désamorcer ou amplifier les tensions.
Les messages de distance / proximité
Ils définissent le degré de lien entre interlocuteurs :
- familiarité,
- intimité,
- froideur,
- neutralité,
- alliance,
- distance stratégique.
Exemple :
- « T’inquiète, je gère » = proximité.
- « Je m’en occupe » = distance professionnelle.
Les messages de modalité : « voici comment tu dois comprendre ce que je dis«
Exemples :
- humour → désamorce
- sérieux → hiérarchise
- ironie → attaque
- douceur → invite
- détour → évite
La modalité est un sous-texte constant.
Pourquoi les gens s’enferment dans des conflits : Le quiproquo relationnel
L’expérience clinique du Mental Research Institut (MRI) montre que la majorité des conflits présentés comme désaccords sur le contenu cachent en réalité des enjeux relationnels sous-jacents :
- reconnaissance,
- légitimité,
- places respectives.
Deux personnes se disputent à propos de quelque chose, alors qu’en réalité, elles se disputent la place, la reconnaissance, la légitimité.
La dispute porte sur le contenu. Le problème porte sur la relation.
C’est le grand malentendu systémique.
Cas documenté : Couple en conflit (MRI, 1974)
Un couple consulte pour des disputes permanentes. Voici une séquence typique :
Lui : « Tu ne m’écoutes jamais« .
Elle : « C’est faux, je t’écoute tout le temps !«
Analyse niveau contenu : Désaccord factuel sur « écouter/ne pas écouter »
Analyse niveau relationnel :
- Lui demande : reconnaissance (« ce que je dis compte-t-il pour toi ?« )
- Elle demande : légitimité (« reconnais mes efforts, je fais de mon mieux« )
Intervention MRI : Le thérapeute demande à chacun de reformuler au niveau relationnel :
- Lui : « J’ai besoin de sentir que ce que je dis compte pour toi«
- Elle : « J’ai besoin que tu reconnaisses mes efforts«
Résultat :
Désescalade immédiate. Le contenu (qui écoute/n’écoute pas) devient secondaire. Le couple peut enfin négocier sur le vrai terrain, la reconnaissance mutuelle.
(Source : Watzlawick, P., Weakland, J., & Fisch, R. (1974). Change : Principles of Problem Formation and Problem Resolution. W.W. Norton & Company, p. 89-92)
Exemple classique : Dispute à propos de la vaisselle
Un couple se dispute pour une histoire de vaisselle.
La vaisselle n’est jamais l’enjeu.
L’enjeu est :
« Qui prend soin de qui ? Qui considère l’autre ? Qui se sent seul ? Qui se sent exploité ?«
Le contenu est un prétexte. La relation est le vrai terrain.
6. Décryptage avancé : Comment un message définit la relation
Le niveau relationnel s’exprime à travers sept paramètres :
1. Tonalité
Le même contenu, dit différemment, change la relation.
2. Rythme
Un message rapide impose. Un message lent sollicite.
3. Timing
Dire quelque chose au bon moment ou au mauvais moment est un acte relationnel.
4. Choix lexical
Le vocabulaire encode la distance et la hiérarchie.
5. Syntaxe
Le tutoiement/vouvoiement n’est que la surface. La structure de phrase influence la place accordée à l’autre.
6. Présupposés implicites
Tout message contient des hypothèses sur l’autre.
7. Contextualisation
Selon l’environnement (public / privé / institutionnel), la relation est redéfinie.
Le message relationnel est comme l’architecture d’un bâtiment. Il influence le déplacement sans jamais être explicitement visible.
La systémique de la relation : Comment les patterns s’installent
Les relations suivent des patterns, exactement comme les dynamiques familiales observées au MRI.
Pattern 1 : La symétrie
Chacun veut prouver qu’il vaut autant que l’autre.
→ escalades, compétitions, surenchères.
Pattern 2 : La complémentarité rigide
L’un domine, l’autre suit.
→ stabilité extérieure, frustration intérieure.
Pattern 3 : La circularité
Chacun réagit à l’autre de manière à reconduire le même cycle.
→ boucle auto-entretenue.
Une dispute, une tension, un malaise n’est jamais un événement. C’est un système.
Le paradoxe : Le contenu change, la relation continue
Les couples qui se disputent ont souvent cette phrase :
« On change de sujet, mais on se dispute toujours »
C’est normal. Ils ne changent que le contenu. Le pattern relationnel, lui, reste identique.
Le contenu est interchangeable. La relation est permanente.
On peut l’illustrer par une métaphore simple : changer les draps d’un lit ne modifie pas la structure du lit.
Recherches et validations scientifiques
Fondements théoriques : Watzlawick, Beavin & Jackson (1967)
Le modèle contenu/relation est le deuxième des cinq axiomes de la communication formulés dans « Pragmatics of Human Communication: A Study of Interactional Patterns, Pathologies and Paradoxes« (W.W. Norton & Company, 1967).
Ce livre a posé les fondations de la théorie systémique de la communication et reste l’une des références majeures du champ.
Validation empirique : Le poids du relationnel (Mehrabian, 1971)
Albert Mehrabian a démontré dans Silent Messages (Wadsworth Publishing, 1971) que dans une communication face-à-face impliquant des sentiments et attitudes :
- 7% du message est porté par le contenu verbal
- 38% par la tonalité vocale
- 55% par le langage corporel
Note importante :
Ces pourcentages s’appliquent à des situations spécifiques (communication d’émotions et attitudes) et ont été surinterprétés.
Ils ne signifient pas que les mots ne comptent que pour 7%, mais ils confirment empiriquement la primauté du niveau relationnel (ton + non-verbal = 93%) sur le contenu pur dans les situations interpersonnelles chargées émotionnellement.
Codification des messages relationnels (Rogers & Farace, 1975)
Edna Rogers et Richard V. Farace ont développé dans « Analysis of Relational Communication in Dyads: New Measurement Procedures » (Human Communication Research, 1(3), 222-239, 1975) un système de codification des messages relationnels en trois catégories :
- One-up : message de supériorité (ordre, directive, jugement, critique)
- One-down : message d’infériorité (demande d’aide, soumission, accord passif)
- One-across : message d’égalité (partage, collaboration, réciprocité)
Ce système permet d’analyser objectivement les dynamiques relationnelles au-delà du contenu apparent et a été utilisé dans des centaines d’études empiriques sur les interactions conjugales, familiales et organisationnelles.
Recherches sur les micro-comportements relationnels (Bavelas et al., 1990)
Janet Bbavelas et son équipe ont publié « Experimental Methods for Studying ‘Elementary’ Motor Skills of Conversation » (Semiotica, 80(1-2), 7-35, 1990), documentant comment les micro-comportements non-verbaux (hochements de tête, clignements d’yeux, postures) structurent le niveau relationnel de manière souvent inconsciente mais systématique.
Comment transformer une relation : Les trois leviers Palo Alto
1. Ne plus répondre au niveau du contenu
C’est le réflexe le plus répandu et le plus toxique.
Répondre au contenu d’une attaque relationnelle ne fait qu’alimenter la boucle.
2. Réagir au niveau relationnel
Exemples :
- « Je sens qu’on s’éloigne«
- « On tourne en rond, non ?«
- « J’ai l’impression que tu attends quelque chose de moi«
Ce type de message casse la boucle.
3. Changer le point de vue sur la relation
C’est le cœur des interventions brèves : modifier la lecture que chacun fait de ce qu’il vit.
L’intervention ne traite pas le contenu des disputes, elle modifie la lecture que chacun fait de la relation.
Conclusion : Lire sous les mots ou l’art de naviguer dans les relations humaines
Le deuxième axiome de Palo Alto est l’un des plus puissants de toute la théorie de la communication :
ce que nous disons est toujours secondaire par rapport à ce que nous faisons en le disant.
Ne pas comprendre cela, c’est se condamner à traiter les conversations comme des textes, alors qu’elles fonctionnent comme des chorégraphies.
Le contenu dit quelque chose, la relation dit comment le comprendre, et c’est toujours la relation qui décide.
Celui qui sait lire le niveau relationnel ne navigue plus dans la communication comme dans un brouillard.
Il en voit :
- les courants,
- les tensions,
- les déplacements.
Il comprend que les échanges sont moins des mots que des mouvements.
Et dans ces mouvements, il trouve la seule chose qui compte vraiment : la logique qui structure les liens humains.
A propos de Noos Systemic
Noos Systemic est une plateforme d’investigation dédiée à la modélisation des systèmes de communication et de décision.
Depuis plus de 30 ans, nos travaux portent sur l’analyse des logiques interactives qui façonnent et maintiennent les dynamiques récurrentes au sein des systèmes humains.
Nous ne proposons aucun accompagnement individuel. Cette plateforme constitue une bibliothèque d’investigation dédiée à la compréhension et à la modélisation de ces mécanismes.
Notre approche s’appuie sur le modèle systémique de Palo Alto, une méthodologie d’analyse issue du Mental Research Institute (Californie), conçue pour cartographier les dynamiques relationnelles, décisionnelles et communicationnelles des systèmes humains.
Formation et autorité de recherche
- Mental Research Institute (MRI), Palo Alto, Californie
- Plus de 30 années d’étude et de modélisation
- Plus de 5000 configurations d’interactions humaines documentées
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le deuxième axiome de Palo Alto ?
Le deuxième axiome de Palo Alto, formulé par Watzlawick, Beavin et Jackson (1967), affirme que toute communication comporte deux niveaux : le contenu (ce qui est dit) et la relation (comment le dire définit la relation entre interlocuteurs).
Le niveau relationnel est une métacommunication qui englobe le contenu et détermine comment il doit être interprété. C’est toujours le niveau relationnel qui prime.
Quelle est la différence entre le niveau contenu et le niveau relation ?
Le niveau contenu transmet l’information (ce qui est dit), tandis que le niveau relation définit la nature de la relation entre interlocuteurs (comment le dire).
Exemple : « Tu peux fermer la fenêtre ? » peut être un ordre, une plainte, un reproche ou une demande selon le ton, l’intention et le contexte. Le contenu reste identique, seul le niveau relationnel change. On peut alors dire que le contenu est le texte d’une pièce de théâtre, la relation est la mise en scène.
Pourquoi la plupart des conflits sont-ils des conflits relationnels ?
L’expérience clinique du MRI montre que la majorité des conflits présentés comme désaccords sur le contenu cachent en réalité des enjeux relationnels
- reconnaissance,
- légitimité,
- places respectives.
Exemple classique : un couple se dispute pour la vaisselle, mais l’enjeu réel est « Qui prend soin de qui ? Qui considère l’autre ? ». Le contenu est un prétexte, la relation est le vrai terrain. C’est le grand malentendu systémique.
Comment transformer une relation dysfonctionnelle ?
Trois leviers Palo Alto :
- Ne plus répondre au niveau du contenu (piège toxique),
- Réagir au niveau relationnel (« Je sens qu’on s’éloigne », « On tourne en rond, non ? »),
- Changer le point de vue sur la relation via recadrage.
L’intervention brève ne traite pas le contenu des disputes, elle modifie la lecture que chacun fait de la relation. On ne gère jamais un conflit en travaillant sur le contenu, on le gère en modifiant le courant relationnel.
Quels sont les 5 axiomes de la communication de Palo Alto ?
Les 5 axiomes de Watzlawick, Beavin et Jackson (1967) :
- On ne peut pas ne pas communiquer,
- Toute communication a un aspect contenu et un aspect relation,
- La nature d’une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication,
- Les êtres humains communiquent de manière digitale et analogique,
- Toute communication est symétrique ou complémentaire.
Ces axiomes forment le socle de la théorie systémique de la communication.
Qu’est-ce que la règle des 7-38-55% de Mehrabian ?
Albert Mehrabian (1971) a démontré que dans une communication d’émotions et attitudes :
- 7% du message est porté par le contenu verbal,
- 38% par la tonalité vocale,
- 55% par le langage corporel.
Attention : ces pourcentages s’appliquent à des situations spécifiques (communication d’émotions) et ne signifient pas que les mots ne comptent que pour 7%. Ils confirment cependant la primauté du niveau relationnel (93% = ton + non-verbal) sur le contenu pur dans les interactions interpersonnelles chargées émotionnellement.
Ressources complémentaires
Ouvrages fondateurs
- Watzlawick, P., Beavin, J., & Jackson, D. (1967). Pragmatics of Human Communication : A Study of Interactional Patterns, Pathologies and Paradoxes. W.W. Norton & Company.
- Watzlawick, P., Weakland, J., & Fisch, R. (1974). Change : Principles of Problem Formation and Problem Resolution. W.W. Norton & Company.
- Mehrabian, A. (1971). Silent Messages. Wadsworth Publishing.
Articles scientifiques
- Rogers, L. E. & Farace, R. V. (1975). « Analysis of Relational Communication in Dyads: New Measurement Procedures« . Human Communication Research, 1(3), 222-239.
- Bavelas, J. B. et al. (1990). « Experimental Methods for Studying ‘Elementary’ Motor Skills of Conversation« . Semiotica, 80(1-2), 7-35.
Centre de recherche
- Mental Research Institute (MRI) – Palo Alto
- Brief Therapy Center (BTC) – Archives et publications
Sur noos.media
- Outil d’analyse systémique – Modéliser les dynamiques relationnelles
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