Lorsqu’une organisation rencontre des difficultés, la communication est presque toujours mise en cause.

On parle de malentendus, de messages mal transmis, de consignes floues,
de réunions inefficaces ou de manque de transparence.

Améliorer la communication devient alors une priorité.
Et pourtant, dans de nombreuses situations,
les problèmes persistent malgré les efforts de clarification.

Le malentendu sur ce qu’est la communication

La communication est souvent pensée comme une transmission d’informations.

Dans cette logique, il suffirait de mieux expliquer, de mieux formaliser,
ou de mieux structurer les messages pour résoudre les difficultés.

Cette vision oublie un point essentiel :

dans les systèmes humains, la communication est d’abord interactionnelle.

Ce qui se répète compte plus que ce qui se dit

Dans une organisation, les échanges s’inscrivent dans des formes récurrentes.

Ce sont ces formes – et non les messages isolés –
qui donnent leur sens aux interactions.

Un même message peut produire des effets très différents
selon le pattern relationnel dans lequel il s’inscrit.

  • une question peut être perçue comme un contrôle,
  • un conseil comme une critique,
  • un silence comme un désaveu,
  • une précision comme une remise en cause.

Ce ne sont pas les mots qui créent ces effets, mais la répétition des interactions.

Quand communiquer davantage aggrave la situation

Face à un blocage, les organisations communiquent souvent plus.

Plus de réunions.
Plus de mails.
Plus de comptes rendus.
Plus de rappels.

Dans certains systèmes, cette intensification ne clarifie rien.
Elle rigidifie les positions et renforce les patterns existants.

La communication devient alors un facteur d’escalade plutôt
qu’un levier de résolution.

La fonction des échanges avant leur contenu

Une lecture systémique ne se demande pas ce que les acteurs veulent dire,
mais ce que les échanges produisent.

Un message peut servir à :

  • éviter un conflit,
  • maintenir une hiérarchie implicite,
  • reporter une décision,
  • désamorcer une tension sans la résoudre.

Tant que cette fonction reste invisible, changer le contenu des messages
a peu d’effet.

Pourquoi les formations à la communication déçoivent

Beaucoup de formations visent à améliorer les compétences individuelles :
assertivité, écoute active, feedback constructif.

Ces outils peuvent être utiles.
Mais ils restent souvent sans effet durable lorsqu’ils ne modifient pas
la structure des interactions.

Les individus changent temporairement.
Les patterns, eux, restent.

Modifier un pattern plutôt qu’un message

Une transformation communicationnelle efficace
passe rarement par un meilleur discours.

Elle passe par :

  • un changement de rythme,
  • une modification de rôle,
  • une rupture dans la séquence habituelle,
  • une mise en visibilité d’un pattern implicite.

De petites perturbations, lorsqu’elles sont bien ciblées,
peuvent produire plus d’effet qu’une refonte complète des messages.

Lire les patterns avant d’intervenir

Avant de chercher à mieux communiquer, il est souvent plus utile de comprendre :

  • ce qui se répète dans les échanges,
  • ce qui est systématiquement évité,
  • ce qui déclenche toujours la même réaction,
  • ce qui maintient l’équilibre actuel.

Cette lecture permet d’agir sans renforcer involontairement
les dynamiques existantes.

Conclusion

Dans les organisations, la communication est rarement le problème en soi.

Les difficultés viennent des patterns relationnels qui organisent les échanges
et leur donnent leur fonction réelle.

Comprendre ces patterns est souvent la condition pour que la communication
cesse de tourner à vide.

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